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Troubles alimentaires : L’impact des réseaux sociaux

Le contenu dont nous sommes exposés quotidiennement influence nos pensées et nos actions à long terme. Celui-ci peut même avoir de lourdes répercussions sur la qualité de vie et la santé des utilisateurs. De ces répercussions, nous comptons la création de complexes pouvant évoluer jusqu’au déclenchement de troubles alimentaires. Dans une telle situation, la vie des victimes est extrêmement mise en jeu, et ce, plus qu’on ne le croit. Cet article traitera des impacts et des rôles des réseaux sociaux quant à l’apparition et l’entretient des troubles alimentaires ainsi qu’aux potentielles solutions pour protéger les usagers; mais d’abord, voyons ce qu’est un trouble alimentaire.

Ce qu’est réellement un trouble alimentaire?

Les troubles alimentaires tels que la boulimie, l’anorexie et le « binge eating » sont malheureusement encore très peu connus et compris. Il ne s’agit pas seulement d’un problème influencé par notre environnement et les pressions sociales et/ou notre passé personnel. C’est une maladie dite mentale qui se produit au niveau biologique d’une personne. En ce sens, tous ne sont pas à risque de développer un tel trouble. Pour ce faire, l’individu doit avoir en lui un certain gène qui est, dans la grande majorité des cas, héréditaire. En effet, 86% du risque provient des gènes et les descendants d’une personne portant le gène sont 12 fois plus à risque de développer un désordre alimentaire. 1

D’ailleurs, l’anorexie se voit être la maladie mentale la plus meurtrière au monde. Le 1/50 des victimes meurent d’arrêt cardiaque ou de suicide1. Les ravages causés par cette dernière dépassent ce qu’on peut percevoir de l’extérieur. Les plus grands dommages sont invisibles à l’œil; l’anorexie s’attaque aux organes internes, principalement par leurs atrophies et le ralentissement de leurs fonctions. En étant continuellement sous-alimentés, les organes des victimes sont de moins en moins fonctionnels jusqu’à atteindre l’arrêt complet, entrainant la mort.

L’impact des réseaux sociaux

Plusieurs types de publications, touchant majoritairement les adolescents et les jeunes adultes, sont susceptibles de déclencher et renforcer un trouble alimentaire, entrainant les souffrants dans un cercle vicieux. Une fois qu’une personne visionnera quelques vidéos du type en question, les algorithmes la cibleront, ce qui renforcera son exposition. Cette exposition à la hausse lui donnera un sentiment de confirmation quant aux idées et aux comportements toxiques qu’elle développe peu à peu face à l’alimentation, la mettant donc de plus en plus à risque et rendant le processus de rétablissement encore plus ardu.

Selon un article rédigé par Magnolia Creek, un centre de traitement pour les troubles alimentaires, une plus grande utilisation d’Instagram est associée avec une plus grande prévalence au développement de symptômes anorexiques.2 D’ailleurs, cette association est en concordance avec l’effet des médias sociaux sur le bien-être psychologique ce qui appuie sa pertinence. Une autre étude a relevé que parmi un échantillon de 680 utilisateurs Instagram suivant des comptes de nourritures saines, 49% d’entre-deux présentaient des symptômes d’anorexie. Cependant, la comparaison avec une deuxième étude similaire menée sur Twitter, qui présentaient des résultats bien différents, à permis de démontrer que les plateformes plus visuelles, telles qu’Instagram, sont plus susceptibles d’affecter l’estime de soi et de généré les complexes sur l’apparence physique.3

Comment réduire ce danger?

Il est difficile de contrer ce problème, puisque les algorithmes et leur ciblage doivent être présent afin de proposer à l’utilisateur du contenu qui lui est pertinent et qui l’intéresse. De plus, il est impossible de définir qui sont les gens à risque de ceux qui ne le sont pas, car tant que le trouble n’est pas développé on ne peut pas savoir si une personne possède ledit gène. Cependant, il est possible d’analyser le contenu consommé par une personne et de déduire si elle est potentiellement touchée par un trouble. De cette façon il serait possible d’instaurer des mesures de protection pour ceux-ci en réduisant leur exposition au contenu problématique. Certaines plateformes ont déjà mis en place de telles mesures, en voici deux exemples4:

  • Méta a annoncé la fonction « Nudge » en 2021 pour les adolescents sur Instagram. Cette dernière s’active lorsque l’usager consacre excessivement de temps à visionner du contenu diététique ou d’entrainement. Une fois la fonction activée, l’algorithme redirige l’utilisateur vers du contenu divers afin de réduire son exposition à ses sujets « risqués ».
  • X propose la fonction « mute » qui permet aux usagers de filtrer le contenu auquel ils sont exposés en bloquant les publications utilisant les mots clés spécifiés.5

Une autre solution pouvant être explorée serait de créer du contenu informatif sur le sujet en s’associant avec la National Eating Disorders Association (NEDA) et de l’intégré au fil d’actualité des utilisateurs qu’on croit à risque ou victime d’un trouble alimentaire.

L’enjeu reste majeur, puisque les entreprises et les personnes publiant activement ce type de contenu à leur profit ont développé des alternatives afin de déjouer les politiques de modération. De plus, les publications qui ne sont pas identifiées ou « taggées » ne sont pas vérifiées par les systèmes mis en place. Une partie du contenu risqué réussi donc à faire son chemin jusqu’aux utilisateurs visés malgré les efforts déployés par les plateformes. Pour réussir à améliorer continuellement la sécurité et la protection des usagers sur les réseaux sociaux, les plateformes devront centrer leurs efforts sur le développement de la conception de l’algorithme, du mécanisme de contrôle des données et du contrôle offert à l’usager.

Sources

  1. ARNOLD, C. (2013) Decoding Anorexia: How Breakthroughs in Science Offer Hope for Eating Disorders, New York, Routledge, 216 p. ↩︎
  2. MAGNOLIA CREEK (2019) [En ligne] URL : https://www.magnoliacreek.com/resources/blog/social-media-and-eating-disorders/, Consulté le 2023-10-24 ↩︎
  3. SOCIAL MEDIA VICTIMS LAW CENTER (2023) [En ligne] URL : https://socialmediavictims.org/mental-health/eating-disorders/, Consulté le 2023-10-24 ↩︎
  4. BROOKINGS (2022) [En ligne] URL : https://www.brookings.edu/articles/how-do-we-solve-social-medias-eating-disorder-problem/, Consulté le 2023-10-24 ↩︎
  5. X HELP CENTER (2023) [En ligne] URL : https://help.twitter.com/en/using-x/advanced-x-mute-options, Consulté le 2023-10-25 ↩︎
Stéphanie Simard

Stéphanie Simard

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